Deuxième commune de la métropole avec près de 42 000 habitants, Rezé s'est urbanisée à grande vitesse après 1945 : les anciennes terres maraîchères de la rive sud de la Loire ont laissé place, en une trentaine d'années, à des quartiers pavillonnaires entiers. C'est précisément la période où les matériaux amiantés étaient omniprésents dans la construction. À La Houssais, à Ragon ou à La Blordière, la plupart des maisons des années 1950 à 1975 comportent encore des plaques ondulées de fibrociment sur les garages et appentis, des dalles vinyle-amiante collées sur les sols d'origine, parfois des conduits ou des joints amiantés autour des chaudières.
Le quartier du Château, sorti de terre dans les années 1960 avec ses quatorze immeubles collectifs, illustre l'autre visage du problème : dans ce type d'ensemble, l'amiante se cache plutôt dans les dalles de sol des logements, les gaines techniques et les caves. À l'inverse, le vieux bourg de Pont-Rousseau et l'ancien village de pêcheurs de Trentemoult concentrent un bâti plus ancien, où l'amiante est arrivé au fil des rénovations et extensions du XXe siècle : ardoises amiante-ciment posées en remplacement, vérandas et celliers couverts en fibrociment. Même la Maison Radieuse de Le Corbusier, livrée en 1955, rappelle que l'essentiel du patrimoine rezéen appartient à cette génération de bâtiments antérieurs à l'interdiction de l'amiante en juillet 1997.
Le climat de l'estuaire n'arrange rien : l'humidité de la Loire et les hivers doux favorisent la mousse et le faïençage des toitures en amiante-ciment. Une plaque fibrociment qui s'effrite ou qu'on nettoie au jet haute pression libère des fibres : c'est là que le retrait devient urgent. Basés à quelques minutes de Rezé, nous appliquons sur la commune les mêmes exigences que sur nos chantiers de désamiantage à Nantes : cadre réglementaire SS3 ou SS4 selon la nature des travaux, confinement quand il le faut, mesures d'empoussièrement et traçabilité complète des déchets jusqu'à l'installation de stockage agréée.